Thanksgiving : la semaine de l'horreur revisite le slasher dès le 1er avril sur Netflix
Eli Roth frappe encore. Le 1er avril, Thanksgiving : La semaine de l'horreur débarque sur Netflix, et nous avons coché cette date dans notre agenda depuis un moment. Ce slasher sorti en 2023 au cinéma s'offre une seconde vie sur la plateforme, avec un concept qui ne manque pas de mordant : détourner une fête américaine emblématique pour en faire le décor d'un massacre méthodique.
Un film né d'une fausse bande-annonce de 2007
Tout commence avec Grindhouse, le diptyque signé Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, sorti en 2007. Entre les deux films, plusieurs fausses bandes-annonces ont été insérées pour imiter l'esthétique des productions de série B des années 70. L'une d'elles, réalisée par Eli Roth, mettait en scène un tueur masqué sévissant pendant Thanksgiving. L'idée était délibérément excessive, kitsch, jouissive.
Plus de quinze ans après, ce trailer imaginaire est devenu un long métrage de 106 minutes, co-écrit par Jeff Rendell. Le projet a mis du temps à mûrir, mais le résultat confirme que l'idée avait du potentiel. Avec un budget d'environ 15 millions de dollars, le film a rapporté près de 45 millions au box-office mondial : une performance solide pour un slasher de cette envergure.
Ce que nous trouvons intéressant dans cette genèse, c'est la manière dont un simple gag cinématographique s'est transformé en vrai film de genre. Thanksgiving n'est pas une parodie. C'est un hommage sincère aux codes du slasher, avec une conscience aiguë de ce qu'il fait et pourquoi.
Plymouth, le Black Friday et un tueur aux allures de pèlerin
L'histoire se déroule à Plymouth, dans le Massachusetts, ville chargée d'histoire puisqu'elle est associée aux premiers colons et à la figure de John Carver, premier gouverneur de la colonie de Plymouth. Le tueur du film porte un masque inspiré de ce personnage historique, ce qui ancre le récit dans une symbolique américaine bien précise.
Tout part d'un Black Friday qui dégénère en émeute meurtrière. Un an après ce traumatisme collectif, alors que la ville tente de reprendre une vie normale, un assassin masqué surgit. Sa cible : tous ceux qui ont joué un rôle, de près ou de loin, dans ce drame. Le scénario construit une mécanique de vengeance progressive, où chaque meurtre est mis en scène comme un rituel macabre autour de la fête de Thanksgiving.
Le film exploite plusieurs ressorts narratifs efficaces :
- La culpabilité collective liée à la violence consumériste du Black Friday
- La transformation d'un repas familial en rituel sanglant
- Une enquête parallèle qui maintient le doute sur l'identité du meurtrier
- Un affrontement final qui remet tout en question
Le récit alterne entre séquences d'enquête, moments de survie et révélations progressives. Le rythme est bien calibré, avec des surgissements violents qui tranchent avec des passages plus calmes. Pour un film interdit aux moins de 16 ans en France, la violence est assumée, stylisée, jamais gratuite au sens strict.
Un casting qui mêle générations et profils
Le film réunit des profils très différents, ce qui contribue à sa dynamique narrative. Voici la distribution principale :
| Acteur / Actrice | Rôle |
|---|---|
| Patrick Dempsey | Le shérif Eric Newlon |
| Nell Verlaque | Jessica, personnage central du récit |
| Jalen Thomas Brooks | Membre du groupe principal |
| Milo Manheim | Membre du groupe principal |
| Addison Rae | Rôle secondaire |
Patrick Dempsey incarne une figure d'autorité confrontée à une jeunesse dépassée par les événements. Ce face-à-face générationnel donne du relief à l'ensemble. Nell Verlaque, peu connue du grand public, tient le film sur ses épaules avec une présence convaincante. Quant à Addison Rae, son apparition a fait parler, même si son rôle reste limité.
Nous suivons régulièrement les arrivées et départs sur les plateformes, et nous savons que certains titres disparaissent vite de Netflix. Autant profiter de ce slasher dès sa mise en ligne.
Ce que vaut vraiment ce slasher sur Netflix
Thanksgiving : La semaine de l'horreur ne réinvente pas le genre, et ce n'est pas son ambition. Il en respecte les codes avec une précision presque didactique : le tueur masqué, les victimes liées par un passé commun, les meurtres mis en scène, la révélation finale. Eli Roth maîtrise sa grammaire, et le film s'en sort très bien dans ce cadre balisé.
Ce qui le distingue, c'est son ancrage culturel fort. Thanksgiving est une fête centrale dans l'imaginaire américain. La retourner contre elle-même, en faire le terrain d'un massacre orchestré, c'est un choix qui résonne au-delà du simple divertissement horrifique. Le film pose, en creux, des questions sur la violence consumériste et la mémoire collective.
Sur le plan formel, les 106 minutes se regardent sans ennui. La mise en scène utilise bien les décors urbains et les lieux du quotidien. Les meurtres sont stylisés, parfois même inventifs. Le rythme tient la route jusqu'à l'affrontement final, qui offre quelques surprises bienvenues.
Disponible dès le 1er avril sur Netflix, ce film s'adresse clairement aux amateurs de slasher assumé et de cinéma de genre bien exécuté. Si vous cherchez une soirée avec des frissons garantis et une certaine intelligence de mise en scène, Thanksgiving mérite largement votre attention.